Les moustiques
Les moustiques sont de petits insectes appartenant à l’ordre des diptères et à la famille des Culicidae. En Auvergne-Rhône-Alpes, on recense une quarantaine d’espèces différentes de moustiques, chacune occupant des milieux de vie spécifiques.
Certaines espèces se développent dans des habitats naturels comme les creux d’arbres, à l’image d’Aedes geniculatus. D’autres préfèrent les zones humides, notamment les marais ou les prairies inondables, comme Aedes cantans ou Aedes sticticus. Enfin, certaines espèces se sont adaptées aux environnements liés aux activités humaines, en utilisant de petits réservoirs d’eau stagnante tels que les récupérateurs d’eau de pluie, les coupelles de pots de fleurs ou d’autres contenants. C’est notamment le cas du moustique tigre (Aedes albopictus) ou du moustique commun (Culex pipiens).
Découvrez ci-dessous les principales espèces de moustiques présentes en Auvergne-Rhône-Alpes, ainsi que les éléments clés pour les reconnaître et les différencier du moustique tigre.
Toutes ces espèces ont un cycle de développement similaire comportant 2 phases :
Phase aquatique
Première phase au cours de laquelle les œufs de moustiques vont éclore pour donner des larves qui se transformeront ensuite en nymphes.
Les oeufs
Les œufs sont généralement fusiformes et mesurent environ 1mm de long. Ils sont blanchâtres au moment de la ponte et s’assombrissent dans les heures qui suivent.
Selon les espèces, les femelles pondent :
– Sur un substrat humide susceptible d’être inondé. C’est le cas pour la majorité des espèces se développant dans les milieux naturels, comme les marais ou fossés.
– Sur une paroi verticale (récupérateurs d’eau de pluie, regard…) pour le moustique tigre.
– À la surface de l’eau comme c’est le cas pour quelques espèces.
Les œufs du genre Aedes qui sont pondus isolément sur un substrat humide, doivent attendre d’être submergés pour éclore. Ils peuvent persister à l’état de dormance pendant plusieurs mois sur leur lieu de ponte.
Les larves
Toujours aquatique, l’évolution des larves s’accomplit en quatre stades, séparés par une mue leur permettant de passer d’environ 2 à 12 mm.
Les larves sont mobiles et respirent pour la plupart grâce à un siphon respiratoire situé à l’extrémité de leur abdomen.
Elles se déplacent par saccades et se nourrissent, généralement par filtration, soit sous la surface de l’eau, soit au fond du gîte larvaire.
La durée du stade larvaire, dépendante de la température, varie de quelques jours en été à plusieurs mois.
Les nymphes
Le stade nymphal est un stade éphémère qui aboutit à la sortie de l’adulte à la surface de l’eau.
Au cours de ce stade qui dure entre 24 et 48 heures, les nymphes ne se nourrissent pas. Elles puisent dans les réserves stockées pendant le stade larvaire et respirent par l’intermédiaire de deux trompettes situées sur la tête. Les nymphes sont mobiles. Elles restent généralement à la surface de l’eau mais plongent dès qu’elles sont dérangées.
Naissance croissance émergence et alimentation des moustiques
EID Rhône-Alpes pour la démoustication
Phase aérienne
Deuxième phase au cours de laquelle apparaissent les adultes (imago).
Les moustiques adultes volent après avoir émergé puis s’accouplent. Chaque espèce de moustique a une période d’envol qui lui est propre. Ces périodes peuvent avoir lieu du mois de mars jusqu’au mois de novembre en fonction des conditions de températures.
Leur alimentation, à l’état adulte, est essentiellement composée de matières sucrées (nectar des fleurs). Toutefois les femelles, après avoir été fécondées, piquent pour aspirer environ 1 milligramme de sang contenant des protéines indispensables à la maturation de ses œufs.
Chaque espèce de moustique a une attirance plus ou moins marquée pour un groupe animal donné (les oiseaux pour Culiseta longiareolata, les batraciens pour Culex territans). Ainsi, dans la région, seulement une dizaine d’espèces sont nuisantes pour l’homme. Parmi elles, une majorité appartient au groupe Aedes, et sont naturellement présentes en Europe. Cependant, depuis quelques années des espèces exotiques font leur apparition sur notre territoire tel le moustique tigre.
Vidéo : Trompe de moustique sous la peau s’insérant dans un vaisseau sanguin
https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0050464
Quelques espèces fréquemment rencontrées dans la région:
La diversité des espèces de moustiques présentes en région Auvergne-Rhône-Alpes explique les fréquents risques de confusion entre elles, notamment en fonction des milieux où elles se développent et de leurs périodes d’activité. Mieux connaître leurs caractéristiques, leurs habitats et leurs comportements permet non seulement de mieux comprendre les nuisances observées localement, mais aussi d’identifier plus facilement les espèces pouvant présenter un enjeu sanitaire. Cette connaissance constitue un levier essentiel pour adapter les actions de prévention et participer efficacement à la surveillance des moustiques sur le territoire.
Aedes cantans
Ce moustique de grande taille (plus d’un centimètre) présente une coloration brune avec des bandes ocre sur le corps et des anneaux clairs sur les pattes. Cette espèce est souvent appelée « moustique de printemps », car les adultes apparaissent généralement au début du mois d’avril. Leur durée de vie peut atteindre plusieurs mois, et ils sont capables de se déplacer sur plusieurs kilomètres. Les femelles piquent principalement le matin et le soir, mais peuvent aussi être agressives en journée, notamment dans les sous-bois. Elles pondent durant l’été des œufs isolés sur les sols humides des marais. Ces œufs passent une partie de l’hiver en diapause (hibernation) avant d’éclore l’année suivante. Les larves se développent alors dans des eaux fraîches entre février et mars, avant l’émergence d’une nouvelle génération d’adultes au printemps. Chez Aedes cantans, il n’existe qu’une seule génération par an.
Principaux critères de distinction : Aedes cantans est plus grand, de couleur brune et dépourvu des rayures noires et blanches caractéristiques visibles sur le corps et les pattes du moustique tigre.
Aedes sticticus
Ce moustique est de taille moyenne, mesurant entre 0,5 et 0,7 cm. Il présente une coloration noire avec des taches blanches sur le corps, tandis que ses pattes sont entièrement noires. Cette espèce est souvent qualifiée de « moustique d’été », car elle est présente principalement entre mai et septembre dans les milieux humides et boisés. Les femelles pondent des œufs isolés sur les sols humides, qui éclosent lors des submersions liées aux crues. Chaque inondation peut ainsi déclencher une éclosion suivie d’un développement larvaire, généralement de une à deux semaines selon la température de l’eau, avant l’émergence des adultes. Au cours d’une même saison, cinq à six générations d’Aedes sticticus peuvent se succéder. Les adultes sont capables de se déplacer sur plusieurs kilomètres, ce qui peut provoquer des nuisances importantes même loin des zones où ils se développent. Les œufs pondus en fin de saison, généralement en octobre, passent l’hiver en diapause (hibernation) et éclosent au printemps suivant lors de la première submersion.
Principaux critères de distinction : contrairement au moustique tigre, Aedes sticticus possède des pattes entièrement noires et ne présente pas les rayures noires et blanches caractéristiques visibles sur le corps et les pattes du moustique tigre.
Anopheles maculipennis
Les Anophèles sont des moustiques de grande taille (jusqu’à un centimètre). L’espèce Anopheles maculipennis se reconnait à ses tâches noires sur les ailes (maculipennis signifie d’ailleurs « ailes tachetées »). Chez cette espèce, les femelles émergeant après le mois d’août vont pouvoir passer l’hiver en diapause dans des abris (caves, grottes, étables). A la fin de l’hibernation en mars, ces femelles vont prendre un repas de sang puis pondre des œufs isolés à la surface de l’eau ; ensuite elles mourront rapidement. Ces moustiques d’eau semi-permanente (eau présente au moins quinze jours) se développent en génération continue, on peut donc trouver en même temps des œufs en train d’éclore, des larves et des adultes. Les larves peuvent se développer principalement dans des mares, des fossés et parfois dans des bidons de recueil d’eau pour l’arrosage des jardins. Le moustique femelle pique peu l’homme et préfère prélever du sang sur le bétail ou les animaux sauvages.
Principaux critères de distinction : contrairement au moustique tigre, Anopheles maculipennis présente des ailes tachetées et ne possède pas les rayures noires et blanches caractéristiques visibles sur le corps et les pattes du moustique tigre.
Culex pipiens
Vous connaissez bien ce moustique, c’est celui que vous entendez la nuit dans votre chambre (pipiens signifie « gazouillis » en latin) ! De taille moyenne (entre 0.5 et 0.7 cm), ce moustique de couleur brune à ocre se déplace très peu au cours de sa vie (100 ou 200 mètres au maximum). Comme chez Anopheles maculipennis, les femelles émergeant après le mois d’août et tout-de- suite fécondées peuvent passer l’hiver en diapause dans des abris. Dès le mois de mars, ces femelles vont prendre un repas de sang puis elles iront pondre à la surface de l’eau des œufs regroupés en barquette de 200 à 400 œufs avant de mourir rapidement. De ces œufs seront issues les générations d’été. Le développement larvaire dure d’une semaine à un mois, il se raccourcît quand la température de l’eau augmente. Les larves se développent en zone urbaine dans les bidons de recueil d’eau, les sous-pots, les regards d’eau pluviale, des gouttières bouchées ou des piscines non entretenues, etc. On les trouve parfois dans des eaux semi-permanentes (présente au moins quinze jours) c’est-à-dire dans les fossés, les mares. D’avril à octobre, ce moustique se développe en génération continue ; on peut donc trouver en même temps des œufs en train d’éclore, des larves et des adultes.
Principal critère de distinction : contrairement au moustique tigre, Culex pipiens possède une couleur brune uniforme sans rayures noires et blanches sur le corps et les pattes.
Aedes geniculatus
Aedes geniculatus est un moustique de taille moyenne (entre 0.7 et 1 cm), de couleur noire avec des taches blanches sur le corps. Son nom de geniculatus, qui signifie « genou » en latin, vient du fait que ses pattes sont noires avec une tache blanche uniquement sur la première articulation. Les larves sont présentes dans les arbres creux où l’eau de pluie peut persister. Elles se développent entre avril et octobre et sont particulièrement nombreuses lors des printemps pluvieux. Les adultes sont très agressifs envers l’homme, surtout pendant la journée. On les trouve surtout dans des zones boisées mais également en zone urbaine dans les parcs et jardins où poussent de vieux arbres creux.
Principaux critères de distinction : contrairement au moustique tigre, Aedes geniculatus a une seule tache blanche sur la première articulation des pattes et ne présente pas les rayures noires et blanches caractéristiques du corps et des pattes du moustique tigre.
Pour en savoir plus :
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