Risques pour la santé

Le moustique tigre (Aedes albopictus) est une espèce invasive désormais largement installée en France métropolitaine. Reconnaissable à ses rayures noires et blanches, ce moustique s’est progressivement implanté sur le territoire ces dernières années. Au-delà de la gêne liée à ses piqûres, le moustique tigre représente aujourd’hui un enjeu de santé publique. En effet, cette espèce peut transmettre certains virus responsables de maladies infectieuses chez l’être humain.

Nuisance : des piqûres en pleine journée !

Dans certaines zones, les moustiques-tigres sont tellement envahissants que les habitants ne peuvent plus profiter de leurs extérieurs.

Seule la femelle pique ! Quand elle est fécondée, la femelle moustique-tigre pique pour prélever du sang nécessaire à la maturation des œufs. Au moment de la piqûre, elle injecte de la salive qui contient des substances anesthésiantes (pour ne pas être repérée au moment de la piqûre) et anticoagulantes (pour fluidifier le sang). Ces substances sont à l’origine d’une réaction inflammatoire qui peut provoquer l’apparition d’un bouton.

Le moustique tigre pique le jour, et avec un pic d’activité le matin, et un autre en fin d’après-midi et soirée. C’est une espèce relativement agressive. La femelle pique plusieurs fois au cours de sa vie.

A noter : Les moustiques tigres ne sont pas attirés par la lumière, mais par le CO2 que nous dégageons en respirant ainsi que par les odeurs (sueur, parfum) et la chaleur corporelles. 

Le moustique ne se nourrit pas de sang ! L’alimentation des moustiques mâles et femelles est principalement faite de nectar de fleur, qui est la seule source de nourriture des moustiques mâles. 

Le moustique tigre se déplace peu : il n’évolue que dans un rayon de 150 mètres autour son lieu de naissance. Il se déplace également par les moyens de transports routiers et ferroviaires.

Le moustique tigre est très lié à l’homme et vit à son contact car il y trouve :

Des protéines pour maturer ses oeufs lorsqu’il nous pique

– Des endroits pour pondre (récipients qui peuvent se remplir d’eau)

– Des lieux de repos (dans la végétation)

Il se développe surtout près des habitations, en zone urbaine ou périurbaine, en ville ou à la campagne.

Un moustique vecteur de maladies

Le moustique tigre est potentiellement vecteur de maladies infectieuses comme la dengue, le chikungunya ou le virus Zika. Toutefois, il ne peut transmettre ces maladies que s’il a au préalable piqué une personne déjà infectée.

En France métropolitaine, la transmission locale de ces maladies reste rare. Le moustique tigre se contamine généralement en piquant une personne malade revenant d’un séjour dans un pays où ces virus circulent. Dans les jours qui suivent cette première piqûre, il peut alors devenir capable de transmettre le virus aux personnes qu’il piquera par la suite, et ce pendant toute sa durée de vie, soit environ un mois.

Lors d’une piqûre, le moustique prélève du sang chez la personne piquée, qui peut contenir des virus ou d’autres agents pathogènes. Ces micro-organismes se développent ensuite dans le corps du moustique et se retrouvent dans ses glandes salivaires. Lorsqu’il pique une nouvelle personne, le moustique injecte sa salive, ce qui peut transmettre le virus à la personne piquée.

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Symptômes possibles après infection

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Les symptômes varient selon le virus concerné, mais peuvent inclure :

  • Fièvre

  • Douleurs musculaires et articulaires

  • Maux de tête

  • Fatigue importante

  • Eruptions cutanées

Dans la majorité des cas, les symptômes restent modérés. Toutefois, certaines formes peuvent être plus graves, en particulier chez les personnes fragiles.

Même en l’absence de transmission virale, les piqûres de moustique tigre peuvent provoquer des démangeaisons importantes, des réactions inflammatoires locales et, plus rarement, des réactions allergiques. Comme cette espèce pique principalement en journée, le risque d’exposition est plus élevé lors des activités extérieures.

Périodes et populations les plus exposées

Le risque de piqûre par le moustique tigre est plus élevé en France métropolitaine entre les mois de mai et novembre, période correspondant à son activité saisonnière. Ce moustique est principalement actif en journée, avec des pics d’activité généralement observés tôt le matin et en fin d’après-midi, ce qui augmente les risques d’exposition lors des activités extérieures. Par ailleurs, il est particulièrement présent dans les zones urbaines et périurbaines, où les environnements humains offrent de nombreux sites favorables à sa reproduction, notamment tous les contenants naturels ou artificiels susceptibles de laisser l’eau s’accumuler. Dans ce contexte, une vigilance accrue est recommandée pour les populations les plus sensibles, notamment les enfants, les personnes âgées et les personnes immunodéprimées, qui peuvent être plus vulnérables aux complications liées aux piqûres ou aux infections transmises.

Prévenir les risques : un enjeu collectif

La prévention repose principalement sur la réduction des lieux de développement du moustique tigre, notamment par l’élimination de tous les contenants ou récipients pouvant se remplir d’eau. Il est ainsi recommandé d’entretenir régulièrement les gouttières afin d’éviter l’accumulation d’eau, de couvrir les réservoirs d’eau pour empêcher l’accès aux moustiques, de vider fréquemment les récipients extérieurs susceptibles de retenir l’eau et de veiller au bon fonctionnement de la piscine, ou la démonter si elle n’est plus utilisée. En effet, sans eau, le moustique tigre ne peut pas se reproduire, ce qui permet de limiter efficacement sa prolifération.

Situation en Auvergne-Rhône-Alpes

Le moustique tigre est désormais bien implanté en région Auvergne Rhône-Alpes : depuis 2022, l’ensemble des départements est concerné et près d’un tier des communes sont aujourd’hui considérées comme colonisées. La surveillance entomologique montre une progression continue de l’espèce, avec de nombreux signalements positifs, confirmant un risque d’exposition croissant pour la population.

Sur le plan sanitaire, en 2025, plusieurs centaines de cas d’arboviroses importées ont été déclarés dans toute la région, en lien avec des voyages en zones intertropicales. En ce qui concerne les cas autochtones, près de 60 cas ont été identifiés, répartis dans 2 foyers de dengue ainsi que 4 foyers et 4 cas cas isolés de chikungunya, dans 6 départements de la région. Ces épisodes ont mis en évidence la réalité de la possibilité d’une transmission locale lorsque le virus est introduit sur le territoire. Des actions rapides de surveillance et de lutte ont permis d’interrompre la chaîne de transmission.

En 2026, la circulation élevée des arbovirus dans les zones intertropicales augmente le risque d’importation de cas en région. Les voyageurs revenant de ces zones doivent se protéger contre les piqûres de moustique tigre pendant leur séjour et dans les semaines suivant leur retour, afin de limiter tout risque de transmission locale.

Le moustique tigre représente aujourd’hui un enjeu de santé publique en France, en raison de sa présence croissante sur le territoire et de sa capacité potentielle à transmettre certains virus à l’être humain.

Pour mieux comprendre les risques liés au moustique tigre et connaître les gestes de prévention permettant de limiter sa prolifération et les piqûres, nous vous invitons à consulter les autres pages de ce site.

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